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Même après le délai de prescription...
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Madame C a eu la possibilité de confondre son violeur alors que le délai de prescription était dépassé depuis plusieurs années, ce qui lui a permis de se reconstruire.


"Je choisis d’apporter mon témoignage pour d’autres victimes qui n’osent pas parler.
J’ai aujourd’hui 59 ans, mère de 3 enfants, divorcée et actuellement pacsée.
Lorsque j’avais 16 ans j’ai été violée par mon médecin traitant.
Mais j’ai de suite enfoui tout cela au plus profond de ma mémoire, je n’en ai jamais parlé, ni à mes parents, qui étaient âgés, et à l’époque ce sujet était tabou, on ne parlait pas de ça à la maison et d’ailleurs je ne savais rien de la sexualité, donc pas compris ce que m’avait fait ce médecin, ni à mes frères, ni à mes amies.
Du coup ma vie a continué, oh, pas normalement, mais ma vie s’est tournée vers les enfants, j’ai tout donné pour eux, je gardais souvent mes neveux et nièces, je m’occupais des enfants des voisins, j’ai travaillé de très bonne heure en centre aéré et fait des colonies.
Je me suis mariée, et j’ai eu 3 enfants. Bon, côté relations sexuelles, pas le top, mais bon, pour avoir des enfants …………..
Ensuite j’ai dû faire une interruption de grossesse suivie d’une ligature des trompes.
Et c’est là que ça a commencé à se détériorer. Pendant 10 ans j’ai eu une très grosse dépression, pendant 10 ans mon seul objectif était de me détruire et de mourir, j’ai fait de nombreuses tentatives de suicide avec les médicament, j’ai été hospitalisée ( sur 10 ans je crois que le total représente pratiquement 3 ans !)
J’ai eu des traitements difficiles, des séances d’électrochoc ……….., je n’ai pas vu grandir mes enfants pendant toute cette période. Personne ne comprenait le pourquoi de cette dépression.
Jusqu’au jour où j’ai eu un accident de voiture, seule, j’ai dérapé dans un virage. Mais personne n’a cru à un simple accident, tout le monde pensait à une tentative de suicide. Ce qui était complètement ridicule, car jamais je n’aurais fait ça en voiture, sachant qu’il pouvait y avoir d’autres voitures en cause. Dans ma voiture c’était le seul endroit où j’étais bien.
Le psy qui me suivait à l’époque a été horrible avec moi, il m’a dit des choses affreuses, lui, qui pourtant me connaissait et qui savait que toutes mes tentatives passées étaient avec les médicaments, il ne me croyait pas non plus.
Du coup, je dis toujours que c’est, « à cause de lui » ou « grâce à lui » que tout est revenu à ma mémoire.
J’ai commencé à avoir des flashs, des morceaux de scène de cette consultation avec ce médecin à l’âge de 16 ans.
Tout ceci est remonté à ma mémoire 30 ans après les faits, mais je peux dire que pour la douleur, il n’y a pas de prescription. C’était l’horreur, j’ai re vécu cette scène comme si cela venait de se passer.
J’ai été aidée malgré tout par une psychologue, qui elle me croyait.
Par la suite, en abrégeant, j’ai changé de psy, j’en ai trouvé un très bien, qui m’a énormément aidée.
Ensuite, un jour où je n’étais pas bien du tout, je suis allée à la gendarmerie, pour savoir si des plaintes avaient été enregistrées contre ce médecin, car je savais, pour en parler autour de moi, qu’il était effectivement connu pour ça !!!
J’ai été reçue par un gendarme super sympa, et que mon histoire a dû toucher.
 Il m’a dit que je ne devais pas dire que pour moi il n’y avait plus rien à faire, que je pouvais porter plainte, et que lui, convoquerait ce médecin afin qu’il s’explique sur mes accusations.
Moi je savais qu’il y avait prescription pour moi, et je ne savais pas si j’aurai le courage de revenir le lendemain pour faire cette déclaration.
Mais je suis revenue, avec l’aide de ce gendarme, j’ai fait ma déposition.
Ce médecin a été convoqué, moi je pensais que de toute façon il nierait tout, mais non, il a dit qu’il ne pouvait pas nier, mais que cela faisait 30 ans et qu’il ne se rappelait pas. Qu’il se souvenait effectivement avoir suivi une famille avec mon nom, qu’il aurait pu, oui,  faire ce dont je l’accusais, mais qu’il ne souvenait pas de l’avoir fait avec moi !!!!
Qu’il avait eu des relations avec des patientes, mais que c’était consenti !!!
Bref, sa déposition, une horreur, il se jouait de la justice, car il savait très bien qu’on ne pouvait rien faire contre lui, enfin pour moi, car prescription.
Ensuite, j’ai tenu à avoir une confrontation avec lui, confrontation qui a eu lieu avec l’aide d’une psychologue d’une association d’aide aux victimes et de ce gendarme.
Lors de cette confrontation, j’ai demandé à ce médecin de me faire une lettre, il m’a fait une lettre d’excuse, il a bien tenté de dire qu’il n’avait jamais dit que cela eu été possible, mais le gendarme étant là, celui-ci lui a dit: « écoutez, reconnaissez au moins devant cette personne ce que vous m’avez dit lors de la déposition …. »
Bref, il a fait une lettre d’excuse, et j’ai tenu à ce que tout le monde présent la signe.
Et ensuite, je l’ai regardé bien en face, je lui ai dit qu’à compter de ce jour, il ne me faisait plus peur, que pour moi il ne représentait plus rien, si …………. Une merde et je lui ai demandé de sortir !!
Je ne sais toujours pas comment j’ai eu la force de faire tout ceci, moi qui était encore dans tout mes états dès que j’en parlais, la veille encore.
Mais je peux dire, que lorsque je suis sortie de cette confrontation, lorsque j’ai été dans la rue, tout d’un coup, c’était comme s’il y avait une grande lumière, j’étais soulagée, je crois que je lui avais tout refilé !!! 
Et à compter de ce jour j’ai commencé à me reconstruire petit à petit.
J’ai voulu continuer en écrivant à l’ordre des médecins, n’en attendant rien, la psychologue de l’association m’avait dit de ne pas attendre une réponse avant 6 mois.
J’ai été d’autant plus étonnée, lorsque j’ai reçu une réponse de Paris, qui me disait avoir pris connaissance de mon courrier et transmis à l’ordre des médecins de ma ville.
Et 15 jours après, j’ai reçu une convocation devant 3 médecins de l’ordre.
J’y suis allée, accompagnée de la psychologue de l’association, j’ai raconté mon histoire, et ils m’ont dit qu’ils allaient le convoquer.
J’ai demandé à savoir ce qu’il aura dit et j’ai donc, de nouveau était convoquée après son entretien.
Là non plus, il n’a pas nié, dit encore une fois qu’il ne se rappelait plus …. Et lorsque un des médecins lui a dit : « pourquoi avez-vous fait cette lettre si vous ne vous rappelez plus ? » il n’a pas pu s’expliquer
Ensuite j’ai fait une émission avec Jean-Luc Delarue sur le viol et j’ai écrit une livre « Revivre à 46 ans » pour laisser un témoignage pour toutes les victimes qui ne pensent pas qu’un jour on peut s’en sortir.
Voilà, en gros, c’est un peu long, et encore je suis passée sur des passages difficiles de ce que j’ai vécu tout au long de ces années.
Ce qui compte c’est qu’aujourd’hui, je suis heureuse, j’ai reconstruit ma vie, et tout ceci est derrière moi.
Quand il m’arrive de relire mes notes, mon livre même, j’ai l’impression de lire le témoignage de quelqu’un d’autre."